Eviter la mort du lac Chambon
Par dipi, lundi 14 mai 2007 à 11:28 - Vu Lu Entendu ! - #456 - rss
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Ce n’est pas nouveau, le lac Chambon se comble s’envase et s’eutrophise au point que le phénomène pourrait conduire, à terme, à sa disparition. Le Conseil général du Puy-de-Dôme, propriétaire du site, cherche des solutions pour endiguer le processus. |
Des bassins écrêteurs de crues ont été créés en 1994 sur la couze Chambon qui alimente le lac. Un autre projet est en route. « Nous prévoyons de réaliser une zone d’extension de crues, explique Gilles Achard, technicien à la direction de l’environnement chargé des milieux aquatiques. Elle viendra en complément des deux bassins existants et servira de gros déversoir d’orages. Elle permettra aux matières en suspension les plus fines de se déposer dans la zone au lieu d’aller dans le lac. Une étude conclut à la faisabilité. On en est à l’avant-projet. L’opération devrait voir le jour en 2008. »
On connait à peu près la nature des maux qui rongent le lac Chambon. A commencer par l’eutrophisation. Les eaux sont surchargées de matières organiques en décomposition. Ce phénomène, qui asphyxie les eaux et menace la biodiversité, est accéléré par les phosphates et le petit-lait déversés, accidentellement ou non, dans la Couze et ses affluents. Des phosphates issus des lessives peuvent aussi être déversés en cas de défaillance des réseaux d’assainissement.
Comblement
Les activités humaines jouent donc un rôle, mais jusqu’à quel point ? Les avis, bien sûr, sont partagés en fonction des sensibilités. Aspect tout aussi sensible du mal : le comblement. « La couze Chambon, explique Philippe Morge, responsable du service Espaces et patrimoine naturels au Conseil général, descend de la vallée de Chaudefour. C’est une zone abrupte et où la roche est souvent à nu, comme les vallées des Alpes. L’érosion et le ravinement y sont très importants. Des roches volcaniques friables, cendres et scories, entraînées par les précipitations et charriées par la Couze, participent au comblement du lac qui d’ailleurs est peu profond (3 à 5 mètres).»
« Au départ donc, le phénomène est naturel, poursuit Philippe Morge, mais l’intervention de l’homme l’a accentué. La Couze ayant été recalibrée, la suppression d’un certain nombre de méandres accélère l’écoulement et favorise le transport des matériaux. Le Conseil général veut cependant faire en sorte de maintenir le lac le plus longtemps possible.
Nous avons créé les bassins écrêteurs de crues pour que le cours d’eau se décharge de ses alluvions. Ces bassins doivent être curés chaque année, sinon, ils se comblent à leur tour. Le projet de zone d’extension de crue viendra en complément de ces bassins.»
La valorisation touristique n’est pas oubliée. Le Conseil général a fait réaliser un passage sur caillebotis qui permet aux promeneurs de faire, au plus près de l’eau et des zones humides, le to ur du lac. Des panneaux d’information destinés au public seront mis en place en juin prochain. Des frayères à poissons ont été créées pour tenter de renouveler la biodiversité du lac. Un projet de réaménagement de la zone urbanisée (en bord de route) est à l’étude. Ce projet devrait accorder une place plus importante aux piétons et aux vélos. Bref, le lac Chambon fait l’objet de soins délicats. Il en faudra sans doute bien d’autres pour qu’il renonce à disparaître et qu’il prodigue ses eaux miroitantes aux générations futures.
(La Montagne du 07-05-07)
On connait à peu près la nature des maux qui rongent le lac Chambon. A commencer par l’eutrophisation. Les eaux sont surchargées de matières organiques en décomposition. Ce phénomène, qui asphyxie les eaux et menace la biodiversité, est accéléré par les phosphates et le petit-lait déversés, accidentellement ou non, dans la Couze et ses affluents. Des phosphates issus des lessives peuvent aussi être déversés en cas de défaillance des réseaux d’assainissement.
Comblement
Les activités humaines jouent donc un rôle, mais jusqu’à quel point ? Les avis, bien sûr, sont partagés en fonction des sensibilités. Aspect tout aussi sensible du mal : le comblement. « La couze Chambon, explique Philippe Morge, responsable du service Espaces et patrimoine naturels au Conseil général, descend de la vallée de Chaudefour. C’est une zone abrupte et où la roche est souvent à nu, comme les vallées des Alpes. L’érosion et le ravinement y sont très importants. Des roches volcaniques friables, cendres et scories, entraînées par les précipitations et charriées par la Couze, participent au comblement du lac qui d’ailleurs est peu profond (3 à 5 mètres).»
« Au départ donc, le phénomène est naturel, poursuit Philippe Morge, mais l’intervention de l’homme l’a accentué. La Couze ayant été recalibrée, la suppression d’un certain nombre de méandres accélère l’écoulement et favorise le transport des matériaux. Le Conseil général veut cependant faire en sorte de maintenir le lac le plus longtemps possible.
Nous avons créé les bassins écrêteurs de crues pour que le cours d’eau se décharge de ses alluvions. Ces bassins doivent être curés chaque année, sinon, ils se comblent à leur tour. Le projet de zone d’extension de crue viendra en complément de ces bassins.»
La valorisation touristique n’est pas oubliée. Le Conseil général a fait réaliser un passage sur caillebotis qui permet aux promeneurs de faire, au plus près de l’eau et des zones humides, le to ur du lac. Des panneaux d’information destinés au public seront mis en place en juin prochain. Des frayères à poissons ont été créées pour tenter de renouveler la biodiversité du lac. Un projet de réaménagement de la zone urbanisée (en bord de route) est à l’étude. Ce projet devrait accorder une place plus importante aux piétons et aux vélos. Bref, le lac Chambon fait l’objet de soins délicats. Il en faudra sans doute bien d’autres pour qu’il renonce à disparaître et qu’il prodigue ses eaux miroitantes aux générations futures.
(La Montagne du 07-05-07)

Commentaires
1. Le mardi 22 mai 2007 à 02:06, par Lolo63
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